Chères Obernoises,
Chers Obernois,
Je souhaite vous adresser ces quelques mots plus personnels, au moment de tourner une page importante de mon engagement public. Dans quelques jours, mon mandat de conseillère municipale et communautaire prendra fin.
Servir sa ville est un honneur et c’est aussi une responsabilité exigeante, qui demande du temps, de la constance et du courage.
La vie démocratique locale ne se résume pas aux moments visibles des décisions ou des inaugurations. Elle se joue aussi dans le débat, dans la contradiction, dans la capacité à maintenir un équilibre entre majorité et minorité. Cet équilibre est fragile, et il demande de la détermination lorsqu’il est mis à l’épreuve.
L’élection de 2020 pendant la période COVID, marquée par une abstention record, aurait pu ouvrir un temps de réflexion sur les pratiques démocratiques locales. Cela n’a malheureusement pas été le cas. Avec mes collègues du groupe Imaginons Obernai, nous avons été confrontés à un fonctionnement très verrouillé, sous la conduite d’un maire dirigiste et autocrate.
Dans ce contexte, exercer son rôle d’élue de la minorité a demandé ténacité et sang-froid. Il faut de la force pour continuer à poser des questions, pour demander des explications, pour rappeler les règles du débat démocratique lorsque celles-ci sont malmenées.
Ce travail souvent discret, est rarement reconnu, mais il demeure essentiel. Une démocratie vivante repose aussi sur l’existence d’un contre-pouvoir capable de questionner, d’alerter et de proposer. Nous avons tenu ce rôle avec sérieux et persévérance. Nous avons défendu les droits des élus de la minorité, interrogé les décisions lorsque cela nous paraissait nécessaire et exprimé nos réserves lorsque l’intérêt de la ville nous semblait en jeu.
D’ailleurs, certaines de nos observations ont précédé des évolutions ultérieures, sans que cela ne soit attribué à notre action. C’est souvent la réalité de l’opposition municipale : semer des idées qui feront leur chemin, même dans la discrétion.
Au moment de quitter mes fonctions, je tiens également à rappeler les valeurs simples qui ont guidé mon engagement : le respect des personnes, le respect des règles et l’honnêteté. Ces principes ne sont pas nés de la politique ; ils m’ont été transmis par ma famille.
Cette photographie, prise à la fin des années 90 au sommet du Kapellturm, me montre aux côtés de mon père Marcel, alors que j’étais déjà adjointe au maire.
Elle saisit un moment simple et profondément symbolique.
Elle raconte un lien, une transmission.
Celui d’un engagement partagé au service de la vie de notre ville.
Mon père a consacré plus de vingt ans au conseil municipal d’Obernai, dont plusieurs années comme adjoint aux services techniques.
Son sens de l’intérêt général et son enthousiasme m’ont profondément marquée. C’est grâce à lui que j’ai choisi de m’engager à mon tour
Pour notre famille, Obernai n’est pas seulement l’endroit où nous vivons. C’est une ville qui fait partie de notre histoire, de nos souvenirs, de ce qui nous relie.
Elle est inscrite dans notre ADN.
Je tiens aujourd’hui à lui rendre hommage pour son engagement constant et pour son humilité.
Je garde en mémoire plusieurs projets qu’il a portés pour notre ville : l’acquisition des terrains qui ont permis la création de l’actuel parking des Remparts, le projet des nouveaux ateliers municipaux implantés dans la zone d’activités sud qu’il a contribué à développer, sa volonté de redonner une vie à la Halle Gruber acheminée depuis Koenigshoffen et réimplantée au Pferchel, ou encore la création du passage de la place Neher et le percement de mur d’enceinte.
Ces souvenirs rappellent qu’une ville se construit souvent grâce à l’engagement discret et persévérant de celles et ceux qui la servent.
C’est dans cet esprit que j’ai moi-même choisi de m’engager dans la vie municipale d’Obernai.
De 1995 à 2001, j’ai exercé les fonctions d’adjointe au maire chargée de la communication et de l’environnement, auprès du maire Hugues Hartleyb. De 2001 à 2014, j’ai été première adjointe au maire, déléguée à l’urbanisme et au logement. Durant cette période, j’ai également siégé comme conseillère communautaire et présidé Obernai Habitat de 2003 à 2014.
Depuis 2020, j’ai poursuivi cet engagement comme conseillère municipale et communautaire, à la tête du groupe Imaginons Obernai.
Parmi les projets auxquels j’ai eu la chance de contribuer figurent le premier inventaire du patrimoine naturel de la ville et les premières mesures de préservation, la création du service communication dans les années 90, le travail engagé autour de la charte architecturale et paysagère, le développement du quartier des Roselières, l’élaboration du premier règlement local de publicité ou encore la finalisation du Plan local d’urbanisme en 2007. Les dix années passées à la présidence d’Obernai Habitat ont également été marquées par un programme important de rénovations et de constructions.
Vingt-cinq années d’engagement public représentent un long chemin.
Elles laissent derrière elles des réalisations concrètes, des débats parfois exigeants et, surtout, une conviction renforcée : la vitalité démocratique d’une ville dépend de la capacité de chacun à agir avec respect, courage et sens de l’intérêt général.
Je quitte aujourd’hui mon mandat en ayant tenu, autant que possible, mon rôle de contre-pouvoir avec sérieux et honnêteté.
Je tiens enfin à remercier très sincèrement mon équipe, ainsi que toutes celles et ceux qui nous ont soutenus et encouragés au cours de ces années.
Je reste profondément attachée à Obernai, à ses habitants et à son avenir.
Catherine Edel-Laurent
N.B.
A propos des enjeux à venir
Parmi les sujets qui me tiennent particulièrement à cœur, je place la finalisation du Plan local d’urbanisme intercommunal et de l’habitat, le PLUi-H.
Derrière ce sigle technique se trouve un document d’orientation majeur, qui déterminera l’évolution de notre territoire pour les décennies à venir. En tant qu’élue communautaire, je n’ai malheureusement pas pu participer au vote de l’arrêt de ce document en septembre 2025.
Ayant été écartée des questions d’urbanisme, je n’ai pas été en mesure de prendre part à cette décision. Notre groupe a toutefois été le seul à s’abstenir et à exprimer publiquement des réserves, notamment sur les densités prévues dans certains quartiers d’Obernai. Ces choix posent, selon nous, la question essentielle de l’équilibre urbain et de la préservation de la qualité de notre cadre de vie.


